
photos"C'est pas tous les jours dimanche", dit une chanson populaire. La photographie de Robert Doisneau, saupoudrée des textes de Villers, tendrait à prouver le contraire. À la simplicité des mots de l'un répond la simplicité de la vie croquée à l'objectif par l'autre. Des images (des années trente aux années cinquante), où l'on retrouve la malice de Doisneau, sa même innocence, trimbalée depuis l'aube de sa carrière d'enchanteur. Ici un accordéoniste au Kremlin-Bicêtre, là un boucher au bistrot, un manège, un stand de tir, ici encore un train fantôme emprunté par un couple hilare, un couple de mariés chez Gégène à Joinville-le-Pont, des trognes anonymes... Toute une bonne humeur dominicale saisie à Paris et en banlieue, sur les quais de la Seine, dans les fêtes foraines, les gymnases, à l'occasion d'un quatorze juillet ou d'un bal populaire. Déclinant les tons de gris, caressant certes la fibre nostalgique, la photographie de Doisneau touche, émeut, ne vient jamais flatter la peine et le chagrin. Et même quand les ruines de l'après-guerre se dessinent encore en arrière-plan, elles s'accompagnent toujours d'un sourire ou d'un clin d'œil. --Céline Darner
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