
Jane Cody, productrice de télévision, la quarantaine pétillante, voit son émission vedette s'essouffler et son mariage basculer dans l'ennui. Desmond Sullivan, biographe d'artistes méconnus, n'arrive pas à terminer son livre sur une chanteuse populaire passée à côté du succès. Une drôle de rencontre en perspective...
Quand on est romancier, surtout comique, c'est un vrai régal de mettre en scène des personnages incapables de se montrer totalement honnêtes. Complications, quiproquos et grosses gaffes surgissent naturellement. Comme personne ne dit jamais vraiment ce qu'il pense, écrire les dialogues est une vraie partie de plaisir. Les personnages de La Vérité, ou presque ne font pas toujours preuve d'un comportement admirable, mais, en définitive, on se rend compte qu'ils se bernent eux-mêmes avant tout. C'est un défaut qui m'est sympathique. Voilà pourquoi j'ai pris tant de plaisir à passer du temps avec ces personnages. Sans mentir. (Stephen McCauley)Entre Ernst Lubitsch et Frank Capra ! Telle est la place occupée par Stephen McCauley dans cette composition tragi-comique sur le couple. En scène, ce sont deux êtres très éloignés l'un de l'autre que les hasards de la vie et du travail vont rapprocher. Jane est une femme mariée, mère et productrice d'une émission télé, "Autour d'une table", rassemblant sur un même plateau des personnalités différentes pour deviser sur un sujet d'actualité. Desmond Sullivan est un homosexuel new-yorkais, auteur de biographies d'artistes plus ou moins oubliés, peinant sur un nouvel ouvrage. Un poste d'enseignant temporaire à Boston est l'occasion pour lui de retrouver un second souffle, de quitter quelque temps Russell, son amant. C'est aussi là qu'il va croiser la route de Jane, rongée par les doutes professionnels et sentimentaux. Une tranche de vie fébrile pour l'un et l'autre qui les conduira vers une amitié, en quête de vérité, ou presque ! Autour d'eux, des hommes, des femmes, des maris, des amants et des ex-maris, des beaux gosses et des beautés sculpturales, des natures grotesques et éphémères, des jaloux meurtris ou hantés par le ratage... Puisant dans les milieux hétérosexuels et homosexuels de l'édition et de la télévision, mettant en scène tous leurs travers, toutes leurs fragilités, Stephen McCauley compose là un ballet ironique sur le couple, la relation amoureuse. Si la facture stylistique est classique, il s'amuse surtout des situations et des personnages pathétiques, plongeant son lecteur dans la consternation ou la rigolade. McCauley aurait tort de s'en priver ; c'est lui qui mène le bal ! --Céline Darner
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