
Sur le modèle des fameuses "Célébrations" inventées par l'éditeur spiritualiste Robert Morel, Albin Michel suscite à son tour de nouvelles "Célébrations", centrées autour d'un thème religieux, mêlant méditation littéraire et évocation picturale. Il s'agira de la Célébration de la pauvreté en présence de Xavier Emmanuelli pour qui elle n'est pas une notion mais une réalité douloureusement charnelle. Cofondateur de Médecins sans frontières, ancien secrétaire d'État à l'action humanitaire, apôtre de la médecine d'urgence, il a de la pauvreté un sens concret qui lui a fait rallier et méditer l'exemple de François d'Assise. Au fil d'une intense et brûlante réflexion, il se fait le défenseur d'une "pauvreté" contre l'autre et devient le chantre du dénuement spirituel qui débouche sur la puissance de l'élan solidaire. Confronté à l'image du Pauvre d'Assise, il déclare : "François : un homme d'action dont le combat se trouve à chaque instant transfiguré par l'humilité. Mais celui qui s'est fait "poverello", petit pauvre, ce petit est un géant, c'est à lui que je me réfère, comme à une immense figure tutélaire." Cette "figure", on la retrouve inlassablement scrutée, traquée par les peintres dans l'étude sur l'iconographie franciscaine conçue par Michel Feuillet qui complète l'ouvrage. Les scènes qui hantent le texte d'Emmanuelli (le don du manteau, le reniement des biens paternels), on les retrouve peintes par Giotto, Cimabue ou Sasseta en des toiles qui sont avant tout des prières. À garder avec soi comme une trousse d'urgence spirituelle. --François Angelier
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