
Dans la première phrase de ce livre, j'ai dit que je croyais n'avoir jamais encore - oui, jamais encore, l'incorrection est délibérée - confondu la fiction et la réalité, ce qui ne signifie pas que parfois il ne me soit pas difficile, rétrospectivement, de pouvoir éviter cette confusion. Je veux penser que ce n'est pas vraiment ma faute. Rarement un auteur ne nous aura livré un texte aussi étonnant, curieux voyage à bord d'un bateau ivre tanguant entre la réalité vraie et la réalité rêvée, la vie de personnages existants et de personnages de fiction. Javier Marias, inspectant les entrailles de son oeuvre avec toute la dextérité d'un chirurgien révélant les secrets d'une anatomie, nous dévoile sans fausse pudeur le revers de la médaille : le livre vécu par son auteur. Le roman comme imagination pure ou adaptation d'une vie vécue ? C'est vrai que, rétrospectivement, le lecteur aura du mal à éviter la confusion entre la réalité et la fiction, entre l'aute
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