
C'est là une Amérique en pleine transe. En transe de bêtise inquiète, en transe de turpitudes, en transe de présentation et de représentation. Qui s'amuse autant qu'elle s'abandonne au ridicule, grotesque à l'infini. Une Amérique qui se livre au spectacle, se révèle dans l'anecdote, croquée à coups de pantins articulés, désarticulés, qui vont, viennent, passent devant l'objectif, tantôt hagards, tantôt complices. La photographie de Weegee (1899-1968), Arthur Fellig de son vrai nom, est une oeuvre au noir, en noir et blanc plus précisément, qui s'attache à la ville, colle à la peau d'un périphérique, d'une avenue, avec sa foule, ses passants anonymes, acteurs dérisoires d'une cité toujours en mouvement. Ce sont là des images de parades américaines, des crimes et des criminels, d'accidents et d'accidentés, de cafetiers au turbin, de réfugiés de la nuit entassés sur des lits d'infortune, de gosses rigolards éclaboussés dans l'été par un jet d'eau, de que
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